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Caractéristiques des jeunes adultes

Plusieurs caractéristiques sont communes aux jeunes adultes auprès desquels vous êtes susceptibles d'intervenir : la prise d'autonomie, l'importance des pairs, le développement cognitif et l'acquisition de compétences, la formation de l'identité et le développement des perspectives d'avenir.

 

La prise d'autonomie

En apprenant à s’émanciper émotionnellement de ses parents et des autres adultes dont il dépend, le jeune adulte en devenir veut passer d’un rapport de dépendance à des relations plus égalitaires.

Pour conquérir une certaine indépendance économique et pour mettre un pied dans le monde des adultes, il voudra, par exemple, avoir un travail à temps partiel, qu’il aura parfois de la difficulté à concilier avec la poursuite de ses objectifs scolaires.

Le jeune cégépien est ambivalent et oscille entre un besoin de dépendance et d’autonomie ; il éprouve un désir simultané et contradictoire d’éloignement et d’approbation de l’adulte. Il affiche de l’indépendance mais il insiste souvent (en silence et de façon indirecte) pour que les adultes demeurent ses modèles et ses points de référence. Le jeune ne souhaite pas l’indépendance totale mais l’égalité, la mutualité faite de discussions et de partage. Il est important de ne pas confondre ce besoin d’autonomie avec de la résistance, du désintérêt ou un manque de coopération.

L'importance des pairs

Parallèlement à la distance que le jeune adulte prend face à sa famille, on constate qu’il accorde une grande importance au groupe d’amis. Par leur ressemblance, les amis proches lui donnent une image rassurante de lui-même, ce qui le valorise. Avec ses amis, il se sent fort et indépendant ; seul, il peut être timide et désemparé. Le groupe est une bouée sécurisante qui sauve de l’isolement et de la solitude que le jeune peut vivre. Au niveau collégial, le réseau d’amis a beaucoup d’importance, il est une source de support émotif et d’entraide sur le plan scolaire. L’établissement d'une relation amoureuse est aussi une préoccupation de ce groupe d’âge.

Vers la fin du collégial, le jeune adulte devra questionner son identification au groupe des pairs. Pour préciser son identité, il sera parfois confronté à un choix : faire comme ses amis ou bien se tailler un espace qui permette l’affirmation de soi, la précision de son individualité et de sa responsabilité personnelle.

 

Le développement cognitif et l'acquisition de compétences

Sur le plan cognitif, à son arrivée au collège, le jeune de 17-18 ans a habituellement atteint le stade des opérations formelles, caractérisé par la capacité à effectuer des déductions et des raisonnements. Le jeune adulte peut désormais supposer et imaginer une variété infinie de possibilités. 

Par contre, chez certains, le développement cognitif n’est pas encore complété, ce qui entraîne des lacunes au niveau de l’organisation de la pensée et de la logique. Une forme de « pensée magique » peut parfois être encore présente. Certains ont du mal à se projeter dans l’avenir et demeurent sous l’emprise de l’ici et maintenant. Ils ont ainsi plus de difficulté à planifier et à fournir des efforts lorsque les bénéfices ne sont qu’à long terme.

De plus, le jeune étudiant doit faire face à des exigences scolaires plus élevées et à une compétition plus serrée qu’au secondaire. Il reçoit parfois des résultats décevants à la première session, ce qui l’amène à douter de sa capacité de réussir et du choix de son orientation.

 

La formation de l'identité et le développement de perspectives d'avenir

Une autre réalisation psychologique incontournable pour le jeune adulte est de définir à la fois ce qu’il est et ce qu’il désire être, autant sur le plan personnel que professionnel. Toutes les expériences qu’il vit l’aident à prendre conscience de ce qu’il est, de ses capacités, de ses limites.

Il se questionne sur ses valeurs et le sens qu’il donnera à sa vie. Pour devenir lui-même, le jeune a besoin de s’interroger sur les croyances et les valeurs qui lui ont été transmises, ce qui l’aidera à définir les siennes.

Certaines difficultés seront possiblement rencontrées au regard de la définition de l’identité et du choix vocationnel. Cette étape d’exploration et d’expérimentation se traduit souvent par des choix provisoires et des changements d’orientation. Par exemple, on rencontre parfois l’étudiant apathique et conformiste qui ne se questionne pas sur ses buts et se conforme aux attentes de sa famille ; ou encore, l’étudiant fébrile et instable qui fait de multiples choix successifs.

Pour se définir, le jeune adulte a besoin d’être en relation avec d’autres adultes que ses parents. Il trouvera la plupart du temps ces figures d’identification parmi ses professeurs, les responsables d'équipes sportives et autres adultes de son entourage.

Également, le jeune adulte a besoin de repères pour structurer son identité. Il a besoin de discuter, de négocier avec un adulte ouvert et souple qui peut aussi être ferme sur des valeurs « non négociables » comme l’égalité des personnes, le respect de l’intégrité de soi et d’autrui, le refus de la violence, etc. Un adulte structurant pour le jeune est celui capable « d’être avec » le jeune plutôt que de « faire pour » lui.

À une identité qui se construit correspond souvent une estime de soi vulnérable, particulièrement dans les situations d’évaluation. Le jeune adulte est souvent très sensible au reflet que l’autre lui retourne par l’entremise du regard porté sur ses productions. C’est pourquoi les commentaires d’évaluation doivent tenir compte de l’estime de soi de l’étudiant pour ne pas provoquer chez lui agressivité, retrait et démotivation. À ce titre, il est important :

  • d’évaluer le rendement et non la personne;
  • de privilégier l’apprentissage laissant place aux essais et aux erreurs et aux réajustements plutôt que la performance seule;
  • d’éliminer les commentaires désobligeants et humiliants;
  • de donner une rétroaction autant sur les réussites que sur les erreurs.